Dans son ouvrage Principes fondamentaux pour une médecine étiopathique, Christian Trédaniel conçoit l'organisme selon le concept mécaniste le plus rigoureux.
Le déterminisme s'applique sous sa forme la plus linéaire et la loi de causalité si difficile à appliquer à la pathologie dans son expression habituelle, devient accessible par une conversion du principe d'identité en principe de similitude. Les phénomènes ne sont plus appréciés selon leurs aspects quantitatifs mais selon la ou les données essentielles qui les caractérisent.
La théorie générale des systèmes sert de fil conducteur au raisonnement et à la modélisation. Le couple stucture-fonction ne forme plus qu'une unité indissociable.
Le dualisme soma – psychisme est aboli pour un unicisme où ce qui est habituellement considéré comme "fonctions supérieures", bien souvent liées à des "facultés innées", ne sont plus que des fonctions structurales : le psychisme n'existe plus en tant que tel.
Une des conséquences en est la négation du "libre arbitre", le comportement étant la conséquence de l'information sur un déterminisme génétique structural.
Il s'en suit la possibilité logique de la recherche de la causalité des phénomènes pathologiques. La question du pourquoi peut enfin être posée, dépassant celle du comment, seule possibilité proposée par Claude Bernard et par la médecine allopathique. Nous allons donc pouvoir remonter à la cause de l'apparition et du maintien d'un phénomène pathologique, son pourquoi, et non pas nous contenter de connaître le comment il se déroule.
La systémique nous montre que seule une atteinte de la structure ou un empêchement de ses fonctions peut être à l'origine de la pathologie, toutes considérations génétiques étant prises en compte, d'où la justification du diagnostic étiopathique qui attribue à une causalité structurale un grand nombre de phénomènes pathologiques. La normalisation de la structure amène la disparition des phénomènes pathologiques conséquents à son dérèglement, comme la normalisation des variables d'entrée inadéquates amène la normalisation de la fonction structurale du système.
Et, contrairement à ce qui est souvent admis, Christian Trédaniel précise :
Venant à l'appui de ces positions, une nouvelle hypothèse est émise concernant le mécanisme du système nerveux central ou l'ensemble neuronal n'est plus qu'un système conducteur sans autre fonction, l'information étant à l'origine de l'organisation de réseaux en interaction. La plasticité neuronale est une des caractéristiques permettant ce phénomène, le rôle des interneurones étant de première importance dans ces constructions comme dans l'automaticité sélective de l'information. Le principe de rétroactivité est retenu comme d'application générale : les capteurs sont à l'origine de la conceptualisation mais sont aussi les effecteurs du rappel du souvenir. Il s'ensuit une explication logique de la conceptualisation, de la mémorisation, du langage intérieur comme de son expression, du comportement etc...
En conclusion, l'encéphalocentrisme est aboli pour un retour à un péricentrisme qui n'avait plus trouvé de défenseur depuis l'antiquité.